Après les fleurs, les arbres

Il y a 12 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :

Après toute cette verdure colorée, le temps est venu de me remettre à des occupations plus citadines et plus habituelles de l’année. J’ai ainsi repris le cours de mes abonnements théâtraux jeudi, au théâtre de Chaillot, avec une pièce intitulée « Forêts », histoire de ne pas me dépayser trop brutalement…

La pièce a été écrite par Wajdi Mouawad, auteur/acteur libanais vivant au Québec, et était jouée par une troupe québecoise. J’avais déjà eu l’occasion de voir jouer W. Mouawad à la Colline, pour « Les justes », mais n’avait pas encore vu de pièce de lui. Celle-ci s’inscrit dans une trilogie, dont elle forme le 3e volet, et c’était peut-être un sacrilège de n’aller voir qu’elle sans avoir vu les deux autres, mais la description des deux premières (« Littoral » et « Incendies ») ne me tentait pas. Autant que j’ai pu en voir, les intrigues n’étaient pas liées de toute façon (si ce n’est par le thème).

Lorsque j’ai réservé cette pièce, en juin dernier, je n’ai pas regardé les petits commentaires en bas de page. J’aurais dû : la surprise fut un peu douce-amère lorsque je me suis aperçu que la pièce durait… 3h45 ! Encore plus long que du Shakespeare ! J’avais donc décidé que, si la pièce ne m’emballait pas totalement, je partirais au moment de l’entracte (eh oui, à peine la saison reprise, voilà que je fais preuve de lâcheté…). Et ce fut donc ce que je fis. Le gentil monsieur du vestiaire a toutefois tenté de me rassurer en me disant que la deuxième partie était moins bien que la première. Ouf !

Avouer que la pièce ne m’a pas « totalement emballée » ne signifie pas qu’elle n’était pas bien. Les acteurs étaient bons et la mise en scène, quoique perturbante à certains moments (peut-être que, si j’étais restée jusqu’au bout, j’aurais compris ce que faisait cet homme nu qui se baladait de long en large,un couteau à la main !?), plutôt réussie. L’histoire (en fait plusieurs histoires entremêlées de femmes d’une même lignée sur plusieurs générations) avait ce qu’il fallait de tordu et de suspens pour susciter l’intérêt sur des thèmes éternels : la promesse (celle qu’on tient ou celle qu’on n’arrive pas à tenir), l’héritage culturel et personnel plus ou moins volontaire, la violence au sein d’une famille… En fait, c’était peut-être un peu trop intense pour rester aussi longtemps !

fab-

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