Des blancs et des noirs…

Il y a 12 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :

Après la thématique « plantes » (close en beauté ce week-end grâce à la fête des jardins et au nouveau parc des Impressionnistes, qui vient d’ouvrir à côté de chez nous), la semaine dernière a inauguré une nouvelle thématique : celle des rapports entre Africains et Européens.

Depuis mercredi soir, le théâtre de la Colline reprend une pièce qui avait été annulée au dernier moment l’an dernier et qui faisait partie de mon abonnement d’alors : « Combat de nègre et de chiens », de Bernard-Marie Koltès. Le metteur en scène, Michael Thalheimer, dont j’avais également vu « Die Ratten » (au même théâtre), aime visiblement les plans inclinés : comme vous pouvez le voir ci-dessus, la scène était partagée en trois niveaux, reliés par des plans inclinés. Je ne sais pas le but originel de la chose, mais j’en ai apprécié le recul que cela donne sur la pièce. Et du recul, il en faut pour apprécier cette pièce censée se passer en Afrique, dans un chantier mené par des Français. Au commencement, un ouvrier africain est mort et son frère vient réclamer son corps. Au final, l’auteur mène le spectateur dans une réflexion sur la peur de l’autre, le racisme et les rapports dominant/dominé. Autant vous dire que j’ai adoré ! Je décerne même une mention spéciale à Cécile Coustillac, qui joue la seule femme de la pièce, formidable dans son rôle de blanche névrosée et naïve. La pièce se joue jusqu’au samedi 2 octobre. Il reste encore de la place, profitez-en ! Et si le sujet vous intéresse aussi, lisez donc La route de Tassiga, d’Antoine Piazza

Et pour ne pas rester sur cette vision européo-centrée, je suis allée jeudi soir assister à la première conférence de l’université populaire du quai Branly, sur « Le blanc vu d’Afrique ». Je m’attendais à des leçons sur le colonialisme et l’esclavagisme, et en fait pas du tout ! Le propos de Julien Bonhomme, jeune anthropologue spécialiste du Gabon, était de montrer comment la figure du blanc a été absorbée par les Africains et intégrée dans leurs rituels, à l’exemple de ce masque de Jacques Chirac apparu dans un rite d’initiation ou des bals De Gaulle organisés périodiquement et mimant les cérémonials colonialistes. Se découvrir par les yeux de l’autre est décidément une expérience fort intéressante ! Je ne pourrai hélas sans doute pas assister aux autres conférences du cycle (la prochaine a lieu le 7 octobre et parlera de Tintin !), mais je vous enjoins à y aller et à me raconter !

fab-

Partager

Write a comment