Benda Bilili
Il y a 16 ans dans Le Blog, Vidéo - 1 commentaire
Ce film va vous filer une patate d’enfer pour toute la semaine !
L’orchestre congolais Staff Benda Bilili dont les musiciens sont des paraplégiques, issus des quartiers dévastés de Kinshasa, au Congo, véritable cour des miracles peuplée d’enfants en déshérence et de miséreux.
On doit ce film à Renaud Barret et Florent de La Tullaye, deux anciens publicitaires reconvertis dans le documentaire, qui méritent un éloge à double titre : comme auteurs du film, mais aussi comme déclencheurs du succès rencontré par cette formation hors norme. En effet, partis à Kinshasa en 2004 pour les besoins d’un documentaire sur les musiques urbaines, ils font la connaissance du groupe, et, enthousiasmés par leur musique, ils décident de produire leur premier album alors qu’ils n’y connaissent rien. Dans la foulée, ils entreprennent aussi de les filmer, depuis les répétitions dans le zoo de Kinshasa dans un studio de fortune jusqu’au succès inespéré rencontré par l’album et leur tournée européenne.
La première vertu du film c’ est la réelle modestie des réalisateurs qui, loin de se mettre en avant comme ils auraient pu en avoir la tentation, s’effacent totalement devant leur sujet, qu’il s’agisse de ses personnages principaux ou de ce que le film parvient, sans complaisance, à montrer de la cruelle réalité sociale de Kinshasa.
L’autre mérite de ce documentaire, à travers les extraordinaires personnages qu’il met en valeur, est d’offrir un exemple de persévérance et d’espoir, comme le cinéma ne nous en donne pas si souvent. Dans leur chaise roulante transformée en vélo, dans leurs habitats de fortune, dans la lutte qu’ils livrent pour leur survie, ces hommes animés par une passion de la musique qui est aussi une passion de la résistance à l’infortune, ces papis nous donnent une sacrée leçon de vie.
La dignité et la voix de velours de Ricky, le leader, l’incroyable niak du jeune Roger, adopté par l’orchestre, et les sons qu’il tire de son instrument de fortune (un satonge , boîte de conserve, avec un bout de bois et une corde entre les deux), l’énergie fournie par la formation sur scène, l’humour inespéré de ces hommes jetés à la face de l’adversité, sont pour les spectateurs des sentiments et des images inoubliables.
Benda Bilili n’est peut-être pas une leçon de cinéma, mais il est mieux que ça : un film qui aide à vivre !
Source : Le Monde
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