Le bruit qui détruit… en silence
Il y a 17 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire
Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Pororoca, c’est le nom de la pièce chorégraphiée par Lia Rodrigues que je suis allée voir mercredi. En langue indienne tupi, ça veut dire « le bruit qui détruit » et c’est une sorte de El Niño plus petit et plus régulier au Brésil.
Je m’attendais donc à quelque chose de bruyant, d’exubérant, même ! Et puis non, finalement… Rien, pas une musique n’est venue chatouiller mon oreille : juste le bruit des pas des danseurs et de leur respiration au fur et à mesure qu’ils s’enlaçaient, se détachaient, se battaient, mimaient un acte sexuel, couraient en tous sens.
Mais j’exagère : en réalité, il y eut un peu plus de son ! Les danseurs, d’abord, tour à tour monture ou cavalier, ont imité le bruit d’animaux (chèvre, singe, cochon…) pendant cinq minutes, avant de reprendre leur déchaînement corporel. Le public, ensuite, tantôt riait, tantôt soupirait. Ma voisine, enfin, n’a pas pu s’empêcher de lâcher un « oh non, c’est pas vrai ! » au moment où une danseuse a baissé le short d’un de ses partenaires.
Je suis toujours mal à l’aise quand un spectacle que je n’ai pas aimé se termine : dois-je rester sincère et m’abstenir d’applaudir ? Ou dois-je saluer le travail des artistes, quels que soient mes goûts ? J’ai finalement opté pour une demi-mesure : applaudir… sans faire trop de bruit.
