Le Casino de Paris, ou comment devenir sourde…
Il y a 17 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire
Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Cette semaine est une semaine musicale et s’annonçait donc plutôt gaie, avec quatre concerts totalement différents : lundi afrobeat, mercredi rock, vendredi classique et demain jazz. Ce fut aussi une semaine de découverte : celle du Casino de Paris… ce qui plombe tout de suite la note de gaieté.
Lundi était le grand jour de ma rencontre avec Femi Kuti. Si je n’aurai hélas jamais l’honneur de voir Fela, mort en 1997, j’avais déjà eu l’occasion d’admirer Seun deux fois, avec un bonheur non dissimulé. J’attendais donc avec impatience cette rencontre d’un autre membre de la famille. Et je ne fus pas déçue par Femi ! Certes moins sulfureux que son père et moins sensuel que son petit frère, il est néanmoins plus subtil et j’avoue que, des trois, c’est sa musique que je préfère (le son de Femi avec la vue de Seun, et je serais aux anges…). Ce que j’aime enfin dans les concerts d’afrobeat, c’est le plaisir d’admirer des danseuses qui, pour une fois, sont loin d’être anorexiques : ça donne envie de cultiver ma cellulite, même si je sais bien que jamais je n’arriverai à la rendre aussi sensuelle ! Seule note négative dans cette soirée : le réglage du son. Les cuivres étaient beaucoup trop forts et cachaient toutes les basses, voire la batterie… Mais je suis sortie en me disant que c’était dû au fait que j’étais sur le côté et que je ne referais pas la même erreur.
Deux soirs plus tard, autre concert, autre ambiance : les Cowboys fringants œuvraient, toujours au Casino de Paris. Alors que lundi, j’avais attendu plus d’une heure avant que le concert ne commence, mon arrivée 5 minutes plus tard mercredi m’a fait louper le début. Tabernacle ! Nos amis québécois sont ponctuels ! (grand bien leur fasse : je peste toujours contre les horaires parisiens…) Ils sont également très actifs sur scène : violoniste, bassiste, guitariste, ça sautillait dans tous les sens. C’était le chanteur le plus calme ! Cette fois, j’étais donc en face de la scène, pensant bénéficier d’une meilleure acoustique. Las… Les aigus étaient encore saturés et on n’entendait à peine les basses. J’avais oublié mes boules Quiès, et je l’ai amèrement regretté : parfois, le violon saturait tellement que j’en avais les dents qui grinçaient, et j’ai fini le concert avec les doigts dans les oreilles. Inutile de préciser que, du coup, on ne comprenait pas très bien les paroles : heureusement que je connaissais tout par cœur !
Ces deux concerts étaient au départ fort différents, mais ils avaient deux points communs : les musiciens étaient tous excellents, avec un jeu de scène énergique… mais desservi par une acoustique et des réglages pourris. Je retourne au Casino de Paris en mai, pour le concert de Toumani Diabaté (j’espère que la kora passera mieux…), mais c’est décidé, après ça je boycotte la salle ! Il n’y a vraiment aucun intérêt à payer pour écouter la musique qu’on aime dans ces conditions (sans compter qu’à ce rythme-là, la musique, je ne l’entendrai même plus !). Ou alors je suis devenue vieille, trop habituée au moelleux de mon canapé et à la balance parfaite de mon ampli…
fab-

