Lyon pur sucre

Il y a 17 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :

Le week-end dernier, j’étais à Lyon. Certes, principalement pour y voir quelques amis et goûter quelques douceurs (ce sera l’objet du prochain billet). Mais également parce que depuis mi-septembre et jusqu’à début janvier, s’y déroule la Xe Biennale d’art contemporain.

Ladite Biennale s’étale principalement sur trois sites, mais je n’ai eu le temps d’en visiter que deux : la Sucrière, d’abord, la fondation Bullukian, ensuite.

Comme son nom l’indique, la Sucrière est une ancienne raffinerie de sucre, réhabilitée récemment – comme tout le quartier des docks où elle se trouve, dans la même veine que les anciens chantiers navals de Nantes, pour ceux qui connaissent­- pour en faire un lieu d’exposition. Le bâtiment, immense, était donc déjà intéressant à voir, mais ce qu’il abrite l’est encore plus !

Si l’accueil est d’emblée brutal (une moitié de portail, reliée à un mur de plâtre par une charnière, pivote et heurte à chaque fois ledit mur, qui s’effondre progressivement, symbolisant, si j’en crois le cartel, la privation de liberté et ses conséquences), la suite est inégale, comme toujours dans l’art contemporain. Je n’ai guère retenu certaines œuvres, que je n’ai pas comprises, mais en ai heureusement quelques autres en mémoire, tels ces murs peints en noir sur lesquels l’artiste fait dessiner à la craie, chaque jour, une caricature que lui inspire l’actualité. Au fur et à mesure, le mur se remplit et les nouveaux dessins remplacent les anciens. Ou ces ossements humains en porcelaine de Chine peinte, et que les visiteurs peuvent acheter. Ou encore ces cabanes aux murs faits de pellicules (réalisées par Agnès Varda, qui s’essayait là à ses premières œuvres en tant que plasticienne, et non cinéaste). Ou enfin ces enseignes lumineuses où l’artiste a inscrit des petites phrases glanées au cours de ses rencontres avec les habitants du quartier qu’il prenait en photo…

Du côté de la fondation Bullukian, point de démesure en revanche : le lieu est tout petit. Point de douceur non plus : elle abrite l’exposition des dessins à l’encre de Laura Genz, qui a suivi au quotidien l’occupation de la Bourse du travail par des sans-papiers, pendant plus d’un an, jusqu’à leur expulsion par la force. Ses dessins sont poignants, sans être misérabilistes. Leur sens est évident, contrairement aux œuvres vues à la Sucrière : cela se rapproche plus du journalisme que de l’art provocateur.

Après toutes ces émotions artistiques, vous comprenez sans peine qu’il me fallait courir remplir mon sac de sucreries pour me remettre !

fab-

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