Peut-on vraiment rire de tout ?

Il y a 16 ans dans De la confiture dans les oreilles, Le Blog - Aucun commentaire

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :

Vous l’aurez compris, si je partage aisément mes impressions sur des spectacles ou des expositions, il est plus rare que je parle ici de livre. Pas que je n’en lise pas, mais je trouve que, plus encore que ce qu’on voit ou écoute, ce qu’on lit reste exclusivement personnel. J’ai déjà vu des foules réagir unanimement à un concert ou des inconnus échanger quelques commentaires spontanés devant un tableau. Mais, même si je me rappelle d’une fois où, alors que je lisais Cent ans de solitude dans le métro, ma voisine de banquette avait engagé la conversation autour de ce livre qu’elle avait adoré (j’ai déjà hésité à plusieurs reprises à le faire à mon tour, mais n’ai jamais osé, de peur de me faire rembarrer !), je n’ai encore jamais vraiment partagé les impressions que me procurait un livre. C’est drôle, d’ailleurs, parce que c’est exactement ce que dit une auteure pseudo-homonyme (Alice Ferney) dans le livre que je suis en train de lire… mais celui-là, je ne sais pas si je le partagerai avec vous, tellement il me touche.

En revanche, je veux absolument parler d’un autre livre que je viens de terminer, parce que, comme Rû, il est court et facile à lire, et que j’ai donc grand espoir que vous vous le procuriez et le lisiez aussi. Surtout, il est paru en poche et se trouve facilement, son prix Femina aidant : il s’agit de Où on va Papa ?, de Jean-Louis Fournier.

Le grand Pierre D. disait qu’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. J.-L. Fournier essaie de prouver le contraire de ce que disait son ami : on peut rire avec tout le monde de ses propres déconvenues, même quand c’est socialement mal vu. Le propos de départ est loin d’être gai, certes (les deux fils de l’auteur sont lourdement handicapés), mais la manière dont il en parle, avec des phrases courtes et directes, ironiques souvent, presque puériles parfois, donne un ton léger au récit d’une vie qui est loin de l’être (c’est d’ailleurs ce qu’on lui a reproché…).

Je me disais en commençant qu’il aurait peut-être mieux valu que j’attende le retour des beaux jours pour lire ce livre, mais finalement non. J’avais peur d’en ressortir déprimée et pessimiste, mais ce ne fut pas le cas. Je dois admettre, cependant, que cette lecture soulève beaucoup de questions qui ne trouveront sans doute jamais de réponse… Mieux vaut donc éviter de le lire si l’ont veut garder ses certitudes bien au chaud.

fab-

Partager

Write a comment