LE BLOG DANS L'HERBE
Actualité, agenda, coups de coeur, c'est ici que ça se passe !
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Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
En ces temps de négociations danoises et de décorations de Noël en ampoules à basse consommation (pour encourager une consommation qui, elle, est espérée haute !), voici une idée de cadeau à offrir à tout le monde (à commencer par soi-même) : le spectacle de Charlotte Normand.
La salle est petite (je suis passée moultes fois devant au cours de mes pérégrinations du midi sans la voir) et vous ne mourrez assurément pas de froid si vous y allez en famille. Mais cela ne rendra vos applaudissements pour l’actrice que plus chaleureux ! Il lui faut en effet beaucoup de talent pour assurer, tous les jeudis soir, seule, un spectacle comique sur un sujet pourtant déprimant : le réchauffement climatique.
Prévisions apocalyptiques sur notre vie dans 20 ans, pêche au thon, tri des ordures, tous les travers de notre mode de vie (et des mouvements écologistes qui les dénoncent…) y passent et les zygomatiques s’échauffent. Qu’attendez-vous pour y aller ?
La seule chose qui ne chauffera pas, finalement, c’est votre carte bleue !

Nous avons désormais le plaisir et l’honneur d’accueillir sur le Blog de Courts dans l’Herbe les articles d’Alice à l’origine du blog De la confiture dans les oreilles.
Pourquoi de la confiture ? Parce que c’est comme la culture : moins on en a, plus on l’étale ! Et pourquoi dans les oreilles ? Parce qu’il s’agira ici beaucoup de musique, mais aussi de peinture, de sculpture, de ciné, de mets délicats et de toute autre chose qu’elle aura aimé !


Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Il est des traditions qui méritent d’être perpétuées, quitte à ce qu’elles subissent quelques distorsions. Celle du calendrier de l’Avent en est une à laquelle je n’ai jamais dérogé. Et cette année, elle me permet en plus de parler d’une de mes adresses préférées dans Paris !
Traditionnellement, ma Môman m’envoie, fin novembre, un colis avec 24 petits paquets numérotés pour remplir les 24 petits sacs qu’elle a brodés. Cette année cependant, pour la première fois, c’est moi qui ai rempli les petits sacs (en retard, en plus ! Tout se perd, ma brave dame !). Et pour cela, je suis allée… à la Grande duchesse.
Pas la duchesse du Barry et ses foies gras hors de prix, non, LA Grande duchesse, la seule, l’unique, qui a même l’insigne honneur d’être mentionnée dans le guide Louis Vuitton comme produisant les meilleurs calissons du monde ! Farpaitement ! Et je ne peux qu’approuver les auteurs de ce guide.
Au menu de cette duchesse-là, calissons, donc, mais aussi petits biscuits (il m’en reste encore plein à goûter), dragées à tomber par terre (je dis ça en toute objectivité, bien sûr, rien à voir avec le fait que je peux manger deux kilos de dragées sans m’arrêter !), gingembre confit comme vous n’en avez jamais goûté, pâtes de fruits presque sans sucre, nougats, pétales de fleurs cristallisés, j’en passe et des meilleurs (j’hésite entre vous mettre l’eau à la bouche et vous laisser découvrir…) !
Et cerise (confite) sur le gâteau, si vous avez la chance de venir un jour où c’est la patronne qui tient la boutique, vous aurez en plus la chance de repartir avec mille idées de recettes (pas forcément sucrées), des conseils médico-épicés et des anecdotes sur la gastronomie provençale ou indienne (l’inconvénient, c’est qu’à chaque fois je reste trois quarts d’heure et repars avec la moitié de la boutique, mais bon…).
Désormais, deux traditions sont donc incontournables chez moi… mais l’une ne se célèbre pas qu’à Noël !

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Pour continuer mon voyage au pays des grands chorégraphes et des morts, j’étais hier soir au théâtre de la Ville (oui, encore) pour voir le dernier spectacle de Merce Cunningham, intitulé « Nearly 90 » parce qu’il l’a conçu peu avant ses 90 ans… et quelques mois avant sa mort (ce qu’il ne savait pas alors, même s’il avait récemment pris les dispositions pour que sa compagnie lui survive).
Le programme faisait grand cas de la musique qui accompagnait la troupe américaine, exécutée en direct. J’espérais donc me réconcilier avec la musique de danse. Que nenni ! Aux grattements s’ajoutaient les coups, les souffles et autres bruits à connotation intestinale (désolée, mais c’est vraiment ce qui m’est venu à l’esprit, parfois). Finalement, j’ai presque regretté le silence de Lia Rodrigues ! (comme quoi…)
Heureusement, la danse était magnifique, les costumes sublimes, la lumière subtile… J’ai été impressionnée par les portés, les figures à la fois tout en souplesse et en force (la pose que vous voyez sur la photo a duré au moins 3 minutes, en tournant sur la jambe d’appui), la géométrie des déplacements…
En un mot, le spectacle m’a enthousiasmée. Et en plus, je l’ai passé en bonne compagnie, puisqu’il y a de grandes chances que j’aie été assise à côté… de Keziah Jones. Et oui !

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
En sortant de l’exposition « Deadline », il suffit de marcher quelques mètres pour passer du MAM de Paris au Palais de Tokyo… Quelques mètres seulement, pour accéder à un autre monde !
Après la quiétude d’un musée désert, voilà l’effervescence d’un musée branché, ouvert tous les jours jusqu’à minuit et connu pour son bar « à ambiance » et son restaurant sur le toit. Et par le plus grand des hasards, ce soir-là, Gérard Rancinan organisait une soirée VIP autour de son exposition « Métamorphoses » !
Imaginez la scène : des photos grand format (environ 2m sur 3m, je dirais… mais je n’ai pas le compas dans l’œil) aux reflets électriques dispersées dans une grande pièce aux murs nus, des néons fluos, un fond de trip hop, des petits groupes de gens en costard, une coupe de champagne à la main, quelques serveurs affairés avec des plateaux de petits fours… et au milieu, moi, trempée comme une soupe avec mon casque de vélo bleu fluo.
J’étais relativement mal à l’aise, mais finalement, avec le recul, je me dis que, au contraire, j’étais complètement dans le ton ! Le travail de G. Rancinan exposé jusqu’au 6 décembre consiste en effet à recomposer des tableaux célèbres (inutile de présenter celui ci-dessus, j’imagine !?) en les détournant – la Cène de Vinci devient ainsi une dénonciation de la malbouffe et de l’obésité – ou simplement en les replaçant dans le contexte actuel – c’est le cas de la Danse de Matisse, que j’ai particulièrement aimée.
Mon seul regret est sans doute le prix d’entrée de cette exposition : 10 € pour 8 photos, ce n’est pas donné ! Mais finalement, c’est bien peu pour un petit voyage de l’autre côté du monde des expos…

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Ce que j’aime dans certains musées comme le musée d’Art moderne de la ville de Paris, c’est la quiétude que l’on peut y trouver. Ils s’affolent parfois lors de certaines expositions temporaires, telle Raoul Dufy l’an dernier, mais la plupart du temps, on peut y profiter pleinement des œuvres sans la foule. Surtout en nocturne. Et encore plus lorsque le thème peut sembler rébarbatif au premier abord !
En ce moment et jusqu’en janvier, l’exposition « Deadline » cherche à comprendre en quoi l’approche de la mort peut influencer la création artistique, à travers les dernières œuvres de douze artistes morts entre 1985 et 2000. Certains montrent un apaisement, parfois rendu nécessaire par le déclin de leurs facultés physiques : c’est surtout le cas de ceux qui sont morts vieux, tels Willem de Kooning (auteur de la peinture ci-dessus) ou Gilles Aillaud (auteur de la peinture ci-dessous). D’autres ont carrément mis en scène leur future mort, causée par la maladie : c’est le cas de James Lee Byard ou de Hannah Villiger.
Je l’avoue, cette exposition n’était pas joyeuse, mais heureusement, j’ai bénéficié d’un contexte particulièrement propice à ce genre de thème introspectif : dans chaque salle, il n’y avait que l’artiste, moi… et un gardien endormi.

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Pororoca, c’est le nom de la pièce chorégraphiée par Lia Rodrigues que je suis allée voir mercredi. En langue indienne tupi, ça veut dire « le bruit qui détruit » et c’est une sorte de El Niño plus petit et plus régulier au Brésil.
Je m’attendais donc à quelque chose de bruyant, d’exubérant, même ! Et puis non, finalement… Rien, pas une musique n’est venue chatouiller mon oreille : juste le bruit des pas des danseurs et de leur respiration au fur et à mesure qu’ils s’enlaçaient, se détachaient, se battaient, mimaient un acte sexuel, couraient en tous sens.
Mais j’exagère : en réalité, il y eut un peu plus de son ! Les danseurs, d’abord, tour à tour monture ou cavalier, ont imité le bruit d’animaux (chèvre, singe, cochon…) pendant cinq minutes, avant de reprendre leur déchaînement corporel. Le public, ensuite, tantôt riait, tantôt soupirait. Ma voisine, enfin, n’a pas pu s’empêcher de lâcher un « oh non, c’est pas vrai ! » au moment où une danseuse a baissé le short d’un de ses partenaires.
Je suis toujours mal à l’aise quand un spectacle que je n’ai pas aimé se termine : dois-je rester sincère et m’abstenir d’applaudir ? Ou dois-je saluer le travail des artistes, quels que soient mes goûts ? J’ai finalement opté pour une demi-mesure : applaudir… sans faire trop de bruit.

Article tiré du blog De la confiture dans les oreilles :
Deuxième étape de mon périple dans la jungle de la danse contemporaine, et non des moindres : j’étais mardi soir à la dernière du spectacle de Pina Bausch, la chorégraphe à la longue natte, au théâtre de la Ville. Je n’avais hélas pas réussi à obtenir de place pour sa dernière pièce (Vollmond), malgré mon passe-droit, et ai tout juste réussi à en avoir une pour la redite de Masurca Fogo, pièce créée en 1998. Il fallait quand même que je fasse connaissance avec cette grande dame, morte en juin dernier !
Je suis décidément trop inexpérimentée pour émettre un jugement documenté et argumenté. J’ai été déroutée, j’avoue, par le fait que les scènes s’enchaînaient, sans cohérence apparente : tantôt de très beaux solos sur fond de musique sud-américaine, tantôt des agitations déstructurées où toute la troupe se précipitait d’un bout à l’autre de la scène ou jouait à glisser sur de l’eau versée sur une bâche, tantôt des monologues… Parfois, un morse (faux) traversait la scène ou une danseuse faisait caqueter et voleter une poule (vivante).
Finalement, après une bonne journée de boulot et une autre soirée danse (mais ne déflorons pas le sujet du prochain billet), j’ai décidé de n’en retenir que l’esthétique, sans chercher un sens. Je garde donc en tête les mélodies capverdiennes, la samba et ces magnifiques figures dessinées par la chevelure des danseuses… Pour le reste, j’ai décidément les cheveux trop courts !
